The Mixed Courts of Egypt, 1876-1949: between imperial internationalism and shared legal knowledge
- Start: Feb 23, 2026 01:30 PM (Local Time Germany)
- End: Feb 24, 2026 02:00 PM
- Location: mpilhlt
- Room: Conference Room (Z01)
- Host: Michel Erpelding
- Contact: erpelding@lhlt.mpg.de
How did the Mixed Courts of Egypt impact legal knowledge and societies on both sides of the Mediterranean? 150 years after these once highly influential institutions heard their first cases, the Max Planck Institute for Legal History and Legal Theory will dedicate a workshop to this question.
The event will take place in Frankfurt am Main on 23-24 February 2026. It is organized by Dr. Michel Erpelding, head of the newly constituted Max Planck research group ‘The hidden heritage of the European Union: the legacy of the law of the League of Nations’, and Mrs Aya Bejermi, whose work as a researcher within that group focusses on mixed courts established in semi-colonial contexts.
Topics of interest
The organizers have issued a call for papers (available in three languages) inviting submissions on topics such as the normative production and environment of the Mixed Courts, their relation to the political context during the time of their operation, and the sociology of actors involved with them.
The call welcomes papers based on archival sources and/or on doctrinal writings and the case law of Mixed Courts.
Submission details
Abstracts of no more than 500 words, written in English, French or Arabic and including the author’s name, e-mail address and a short curriculum vitae, should be submitted to
erpelding@lhlt.mpg.de by 1st July 2025. Successful applicants will be notified via e-mail by 1st September 2025 and are expected to produce a summary draft paper by 31st January 2026.
The event will be held in person with no conference fee. Financial support for travel and accommodation is available. For more information, please contact
Dr. Michel Erpelding.
Full call:
Appel à contributions Colloque Les Tribunaux mixtes d’Égypte, 1876–1949 : entre internationalisme impérial et savoirs juridiques partagés
23–24 février 2026 - Max Planck Institute for Legal History and Legal Theory
Cette manifestation est organisée par M. Michel Erpelding, directeur du groupe de recherche Max Planck nouvellement constitué « The hidden heritage of the European Union: the legacy of the law of the League of Nations », et Mme Aya Bejermi, dont les travaux de recherche au sein de ce groupe portent sur les tribunaux mixtes établis dans des contextes semi-coloniaux.
Le 1er février 1876, les Tribunaux mixtes d’Égypte ont tenu leurs premières audiences. Ces tribunaux ont fonctionné jusqu’au 14 octobre 1949, date à laquelle ils ont été supprimés pour être intégrés aux Tribunaux nationaux du pays. Créés par l'Égypte, province autonome de l’Empire ottoman, en application de traités négociés avec les quatorze puissances occidentales bénéficiant de l’extraterritorialité, les Tribunaux mixtes faisaient officiellement partie de l’ordre juridique égyptien. Cependant, en raison de leur composition majoritairement étrangère comptant jusqu’à soixante-dix juges et de leur utilisation de codes juridiques inspirés du droit français et d’origine conventionnelle, ils étaient souvent décrits comme des tribunaux internationaux, bien qu’atypiques.
Au cours de leurs soixante-treize années d’existence, les Tribunaux mixtes ont été caractérisés par une profonde ambiguïté. D’une part, ils étaient le produit d’un ordre international fondamentalement inégalitaire qui affirmait ouvertement la supériorité des États occidentaux sur le reste du monde (Nuzzo, 2012). En fournissant aux étrangers leur propre système judiciaire international et en garantissant les privilèges conventionnels de ces derniers contre l’intervention des autorités publiques, ils ont participé à la perpétuation de cet ordre, incarnant un « internationalisme impérial » (Todd, 2018) difficilement compatible avec le droit à l’autodétermination des peuples qui émergera pendant l’entre-deux-guerres. D’autre part, en offrant aux justiciables un système judiciaire efficace protégeant les droits des individus contre l’utilisation arbitraire du pouvoir étatique, les Tribunaux mixtes d’Égypte ont pu gagner parfois l’estime tant des non-Égyptiens que des Égyptiens. En développant un savoir juridique partagé, à la fois local et international, divers acteurs ont trouvé des moyens d’utiliser ces tribunaux pour servir de contrepouvoir non seulement à l’État égyptien, mais aussi aux autorités d’occupation britanniques qui avaient pris le contrôle du pays en 1882. Ce savoir juridique développé au sein et devant les tribunaux mixtes inspirera plus tard les créateurs d’autres institutions. En Égypte, ils servirent de modèle aux tribunaux indigènes (maḥākim ahliyya), créés en 1883, devenus nationaux (maḥākim waṭaniyya) en 1936. En Europe, leurs procédures inspirèrent celles de la Cour européenne des droits de l'homme.
Après avoir été quelque peu délaissés, les Tribunaux mixtes d’Égypte suscitent aujourd’hui à nouveau l’intérêt d’un plus grand nombre de chercheurs, car ils permettent d’éclairer des questions telles que l’impérialisme formel et informel, la modernisation, la nationalité, les identités hybrides et même l’intégration européenne. Cependant, de nombreux aspects de ces institutions et de leur héritage restent à découvrir. En organisant un colloque sur les Tribunaux mixtes d’Égypte exactement cent cinquante ans après la tenue de leurs premières audiences, nous souhaitons contribuer à leur réémergence en tant qu’objet d’étude dans l’histoire globale du droit.
1. Dans une logique interdisciplinaire, cet appel à contributions porte une attention particulière aux propositions de chercheurs en droit, en histoire ou toute autre discipline étudiant les questions suivantes : la production et l’environnement normatifs des Tribunaux mixtes, notamment :
- leurs interactions avec le droit national et les tribunaux nationaux, en Égypte ou au-delà ;
- leur contribution au développement du droit international et de la justice internationale ;
- leur impact sur les questions coloniale, raciale, de classe et de genre, ainsi que sur la nationalité et d’autres formes d’« appartenance juridique » (Marglin, 2021)
2. les Tribunaux mixtes et la politique contemporaine, notamment :
- la question de la « retenue » et/ou de « l’activisme » judiciaires ;
- leur perception par la presse et le grand public ; o leur réception dans des régions soumises à des conditions similaires (Empire ottoman, Perse, Chine, Japon...) ;
3. les Tribunaux mixtes en tant qu'espace social, notamment :
- les réseaux ou les biographies individuelles des professionnels (juges, procureurs, avocats, interprètes, greffiers, experts…) impliqués dans les juridictions mixtes ;
- le rôle et la sociologie des demandeurs et des plaideurs devant les juridictions mixtes.
Nous porterons une attention particulière aux propositions étudiant des sources d’archives et/ou des écrits doctrinaux et la jurisprudence des Tribunaux mixtes. Les résumés des propositions de contributions d’une longueur de 500 mots maximum, rédigés en anglais, français ou arabe et comprenant le nom de l’auteur, son adresse électronique et un bref curriculum vitae, sont à envoyer à erpelding@lhlt.mpg.de jusqu’au 1er juillet 2025 inclus. Les candidat.e.s retenu.e.s seront informé.e.s par e-mail dès le 1er septembre 2025 et devront produire une ébauche de contribution avant le 31 janvier 2026. Une aide financière pour les frais de déplacement et d’hébergement est disponible.
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This workshop is organized by Dr Michel Erpelding, head of the newly constituted Max Planck Research Group ‘The hidden heritage of the European Union: the legacy of the law of the League of Nations’, and Mrs Aya Bejermi, whose work as a researcher within that group focusses on mixed courts established in semi-colonial contexts.
On 1st February 1876, the Mixed Courts of Egypt heard their first cases. These courts would operate until 14th October 1949, after which they were dissolved into the country’s National Courts. Established by Egypt, at that time an autonomous province of the Ottoman Empire, following treaty negotiations with 14 Western powers benefitting from extraterritoriality, the Mixed Courts were formally a part of the Egyptian legal order. However, due to their predominantly foreign bench of up to 70 judges and their use of treaty-based, French-inspired law codes, they were often described as international courts, albeit atypical ones.
During the 73 years of their existence, the Mixed Courts were a deeply ambivalent institution. On the one hand, they were the product of a fundamentally unequal international order that openly asserted the superiority of Western states over the rest of the world (Nuzzo, 2012). By providing foreigners with their own international court system and defending their treaty-based privileges against intervention by public authorities, they participated in the continuation of that order. They maintained this form of ‘imperial internationalism’ (Todd, 2018) even after the emergence of self-determination as an international law principle during the interwar period. On the other hand, by providing claimants with a well-functioning judiciary protecting the rights of individuals against the arbitrary use of state power, the Mixed Courts of Egypt earned some appreciation from non-Egyptians and Egyptians alike. Developing a form of shared legal knowledge that was both local and international, various actors would find ways to use these courts as a check not only on the Egyptian State, but also on the British occupation authorities that had taken control of the country in 1882. This legal knowledge developed within and before the Mixed Courts would later inspire the creators of other institutions. This was the case both in Egypt, where they served as blueprints for the country’s ‘Native’ (later National) Courts (maḥākim ahliyya / waṭaniyya), established in 1883, and in Europe, where their procedures informed those of the European Court of Human Rights.
After many decades of near silence, scholars are increasingly refocussing the Mixed Courts of Egypt, as they allow to shed light on issues such as formal and informal empire, modernization, nationality, hybrid identities, and even European integration. However, many aspects of these institutions and their legacy remain to be discovered. By organizing a workshop on the Mixed Courts of Egypt exactly 150 years after their creation, we would like to contribute to their re-emergence as objects of study in global legal history.
The call is interested in proposals from researchers in law, history or other related disciplines addressing issues such as:
- the normative production and environment of the Mixed Courts
- e.g. their interactions with domestic law and domestic courts, whether in Egypt or beyond;
- e.g. their contribution to the development of international law and international adjudication;
- e.g. their impact on issues of colonialism, race, class, and gender, as well as on nationality and others forms of ‘legal belonging’ (Marglin, 2021)
- the Mixed Courts and contemporary politics
- e.g. the question of judicial restraint and/or judicial activism;
- e.g. their perception by the press and the broader public;
- e.g. their reception in countries subject to similar conditions (Ottoman Empire, Persia, China, Japan…); the Mixed Courts as a social space
- e.g. networks or individual biographies of professionals (judges, prosecutors, lawyers, interpreters, law clerks, experts…) involved with the Mixed Courts;
- e.g. the role and sociology of claimants and litigants before the Mixed Courts.
From a methodological point of view, the call welcomes papers based on archival sources and/or on doctrinal writings and the case law of Mixed Courts. Abstracts of no more than 500 words, written in English, French or Arabic and including the author’s name, e-mail address and a short curriculum vitae, should be submitted to erpelding@lhlt.mpg.de by 1st July 2025. Successful applicants will be notified via e-mail by 1st September 2025 and are expected to produce a summary draft paper by 31st January 2026. Financial support for travel and accomodation is available.
The call is also available in
Arabic.